mardi 30 juin 2009
Les racines du ciel de Romain GARY
Par Sophia Point, mardi 30 juin 2009 à 00:00 :: Le coin lecture
Mon avis
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C'est l'histoire de Morel. Où plutôt, la version des gens qui l'on côtoyé, croisé ou simplement estimé. Morel défend les éléphants d'Afrique, en particulier au Tchad, espèce anachronique et vestiges d'un monde préhistorique pour certains que l'on extermine, doucement mais sûrement au nom de la modernité, du pouvoir ou de l'argent. On le dit misanthrope, fou ou naïf. Mais il y croit, il suit son idée, sans vaciller, sûr de lui. Différents points de vues sont abordés, de façon très argumentée, depuis le besoin de viande des Tchadiens, à la distraction en tant qu'exutoire face au sentiment de faiblesse des touristes occidentaux que représente un safari - qui, dans les années 50, consiste à chasser les animaux sauvages d'Afrique et ce de façon tout à fait légale - ou encore celui des braconniers qui cherchent de l'ivoire et de la matière pour faire des objets exotiques pour les touristes - comme par exemple des tables de chevet en pattes d'éléphants ! Se greffent la dessus ceux qui profitent de l'aura que l'entreprise de Morel à dans les journaux du monde entier pour faire valoir leurs ambitions personnelles et nationalistes. Heureusement, quelques autres fous amoureux de la nature, ceux qui savent que le jour où les éléphants ne seront plus là comme preuve que la liberté existe encore, l'homme n'aura plus de raison de vivre et l'opinion publique qui aime ce personnage farfelu qui défend les animaux, juste pour eux, sans rien avoir d'autre à y gagner que leur survie. Romain Gary fait état de la solitude des hommes, il montre que finalement, l'homme ne suffit pas à l'homme, le chien non plus. Il faut des éléphants, sinon nous sommes perdus.
Sans aucun doute avant-gardiste sur le sujet de l'écologie, ce roman, écrit dans les années 50 est fabuleux, dur souvent et très beau.
Le côté rustre de Morel m'a un peu dérangé parfois dans la mesure où il ne semble pas très loquace, ne cherche pas à convaincre avec les mots. Les arguments de Waïtari sont bien plus étayés. Peut-être est-ce finalement représentatif de la réalité.
Sur la forme j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de répétitions, comme une sorte de leitmotiv un peu inutile. L'histoire en soit est assez simple, mais finalement, ce qui est important ce sont les rapports humains - ou plutôt leur absence, ainsi que les raisons à l'origine de ce que fait Morel.
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