Mon avis
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Quoi, Anny DUPEREY, c'est pas une actrice, "ça" ?
Ben si, mais elle écrit aussi, et plutôt de bons livres. D'elle, j'ai d'abord lu un livre sur les chats conseillé par une connaissance qui elle aussi adore ces petites bêtes insolites. J'ai aimé son écriture, sa personnalité et j'ai eu envie d'en savoir davantage sur elle. Et ce bouquin, très personnel, pas vraiment une briographie (je ne suis pas une "fan" et ce de manière générale, ce n'est pas ma démarche) est plutôt une exploration intérieure liée à la mort accidentèle de ses parents après quoi elle a occulté une grande partie de sa propre vie en leur compagnie. Autant dire qu'elle même n'avait donc pas grand chose à en dire, si ce n'est se comprendre, essayer d'expliquer ce "black out", ainsi que certains aspects de sa personnalité, de son fonctionnement.
Une intrusion dans ses pensées qu'elle semble parfois décrouvrir au moment même où elle écrit, voilà ce qu'elle nous propose. Et aussi, des photos, prises par son père pour la plupart, faisant office de témoin d'une réelle existence, d'eux, et d'elle avec eux, avant leur mort.
On y découvre aussi que la réaction face à la mort d'un proche n'est pas forcément cohérente par rapport à celle attendue et donc parfois incomprise, qu'un vécu n'en vaut pas nécessairement un autre mais que dans tous les cas, le mensonge et les non-dits de l'entourage sur ce sujet ne sont jamais bénéfiques.
Un beau roman émouvant et simple.
Présentation
J'avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents - de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d'être de ce livre. Curieusement, je n'en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n'ai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d'avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l'excuse de la maladie, sans même l'avoir voulu, quasiment par inadvertance. C'est impardonnable. Mon père fit ces photos. Je les trouve belles. Il avait, je crois, beaucoup de talent. J'avais depuis des années l'envie de les montrer. Parallèlement, montait en moi la sourde envie d'écrire, sans avoir recours au masque de la fiction, sur mon enfance coupée en deux. Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes et justifiées l'une l'autre. Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images, elles me tiennent lieu de mémoire. J'ai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort - il ne me reste rien d'avant, d'eux, que ces images en noir et blanc.
