mercredi 30 avril 2008
La valse lente des tortues de Katherine PANCOL
Par Sophia Point, mercredi 30 avril 2008 à 00:00 :: Le coin lecture
Mon avis
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Quel plaisir que de retrouver Joséphine et son entourage, plus ou moins bienveillant ! J’avoue avoir eu un peu de mal au début, réticente par peur de ne pas avoir autant de plaisir que dans "Les yeux jaunes des crocodiles", mais cela s’est rapidement dissipé. Ce deuxième volet est largement plus farfelu que le premier, avec beaucoup de surréalisme et les personnages déjà bien posés auparavant ne présentent plus le même mystère mais les rebondissements, agrémentés d’un soupçon d’intrigue policière sont bien présents.
Depuis que Joséphine a déménagé dans les beaux quartiers parisiens, elle se trouve dans une situation très confortable qui semble l’encombrer presque autant que son impécuniosité la perturbait auparavant. Seule avec Zoé, sa fille cadette, elle prend tout doucement ses marques dans sa nouvelle vie. Une série de meurtres proche de chez elle, des signes étranges de vie de son mari qu’elle croyait pourtant décédé et une vie amoureuse un peu chaotique vont achever de perturber notre charmante héroïne.
L’écriture de Katherine PANCOL est toujours aussi agréable, les états d’âmes de Joséphine si justement décrits, avec des digressions fabuleuses et des anecdotes propres au XIIème siècle très intéressantes.
J’ai dévoré ces pages rapidement, complètement absorbée par l’ambiance un peu insolite de ce roman. Malgré tout, si je voulais être totalement objective, il y a quelques passages qui m’ont un peu agacée, notamment l’aménagement total de la loge de la concierge aux frais de cette très charitable Jo, un peu « too much » pour moi en termes de bons sentiments. Par ailleurs, j’ai été un peu déçue de retrouver la sempiternelle description du modèle idéal de la femme au foyer que j’avais déjà eu l’occasion de lire plusieurs fois et n’ai donc pas été surprise par l’existence de ce manuel. Seulement, j’aurai aimé peut-être quelque chose de plus original, voire de plus « trash » que cet argument comme accessoire au service de l’excentricité du personnage de Le Floc Pignel.
Voici un extrait du roman traduisant ce que j’aime tout particulièrement dans l’écriture de Katherine PANCOL : « En revenant de faire des courses avec sa mère, alors qu’elles tendaient le bras pour héler un taxi, elles avaient aperçu un escargot réfugié sur le bord de l’avenue, rétracté sous sa coquille, tentant de passer inaperçu sous une feuille morte. Sa mère s’était penchée, l’avait ramassé et lui avait fait traverser l’avenue. Hortense s’était aussitôt murée dans une réprobation muette. - Mais qu’est ce que tu as ? avait demandé Joséphine, à l’affût de la moindre humeur passant sur le visage de sa fille. Tu n’es pas contente ? Je croyais te faire plaisir en t’offrant une journée de shoping. Hortense avait secoué la tête, exaspérée. - T’es obligée de t’occuper de tous les escargots que tu rencontres ? - Mais il se serait fait écraser en traversant ! - Qu’est-ce que tu en sais ? Peut-être qu’il a mis trois semaines pour franchir la chaussée, qu’il reposait, soulagé, avant d’aller retrouver sa copine et toi, en dix secondes, tu le ramènes à son point de départ ! Sa mère l’avait regardée, interdite. Des larmes étaient montées dans ses yeux paniqués. Elle avait couru rechercher l’escargot, manquant se faire écraser. Hortense l’avait rattrapée par la manche et poussée dans un taxi. C’était le problème avec sa mère. L’émotion lui brouillait la vue. »