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dimanche 30 novembre 2008

La route de Cormac McCarthy

Mon avis
**
Quel étrange roman !! Je suis partagée sur le ressenti que j’ai face à cette histoire d’une tristesse infinie et les frustrations quant à tout ce qui m’a manqué pour aimer ce bouquin. Tout d’abord, je ne sais si cela est dû à l’auteur ou au traducteur, ou simplement si c’est une volonté que ce dépouillement pour accentuer le vide de l’histoire, mais je n’ai pas aimé l’écriture. Les dialogues se confondent parfois avec les paragraphes, la syntaxe habituelle n’est pas respectée et le vocabulaire y est très pauvre et j’ai eu le sentiment de lire dix fois le même échange entre les deux protagonistes.

De plus, on ne fait que suivre cette quête de la nourriture et le pèlerinage pour se rapprocher du Sud par simple instinct de survie, sans volonté réelle de vivre car aucun espoir n’est présent. C’est ce qui m’a d’ailleurs beaucoup gênée, toutes ces pages remplie de vide : on ne sais pas réellement pourquoi la terre est dans cet état (juste une brève évocation hypothétique de l’Apocalypse, et encore presque plus dans la présentation de l’éditeur que dans le roman lui-même) et d’ailleurs, aucune preuve que la terre entière est ainsi touchée. Difficile de se raccrocher à quelque chose quand on a ni le lieu, ni la période, ni même le passé pour comprendre. Simplement la vie au jour le jour pour survivre. L’homme et le petit (c’est ainsi qu’ils sont nommés et seule cette perte d’identité des deux personnages m’a parue censée. En effet, dans le contexte, tel que cela est présenté, leurs noms n’ont pas d’importance) sont dans cette situation depuis déjà si longtemps à priori que toutes ces questions semblent s’être déjà posées, les réponses ou non déjà évoquées et ce n’est plus le sujet du moment. Seul compte l’instant présent.

Autre chose à laquelle j’ai eu du mal à adhérer : tout semble avoir brûlé plusieurs années auparavant et tout n’est que cendre, un paysage en noir et blanc, rien n’a repoussé (sauf à la fin, quelques fougères et quelques fleurs comme si en sursaut, l’auteur n’avait pas trouvé lui-même son récit vraisemblable). Cela ne me paraît pas crédible, la nature ne se laisse pas anéantir si facilement par le feu. Ou alors ce n’est pas qu’un incendie géant… mais on ne sait pas !

Il semble pourtant y avoir d’autres gens, des « méchants » et des « gentils » qu’ils rencontrent mais ils n’envisagent jamais qu’une communauté puisse se créer et faire perdurer l’espèce. Quelques scènes macabres où les autres se mangent entre eux, et va savoir pourquoi, seuls nos deux « héros » sont encore humains, même affamés et affaiblis, ils jurent ne pas tuer pour manger. C’est beau, mais est-ce réaliste ?

Même les relations entre le père et son fils ne m’ont que peu convaincues, trop sobres aussi, peu d’échange et peu de sentiments dévoilés (le père pleure de rage une fois, mais cela est peu décrit).

Enfin, je n’ai pas du tout aimé la fin ! Cet homme qui apparaît de nulle part, miraculeusement au moment ou le père décède (pourquoi tant de désespoir pendant 240 pages et une issue si engageante ? On ne rencontre qu’une dizaine de personnages durant toute ces pages et d’un coup, une petite famille apparaît, surgie du néant et prête, elle, à accueillir un nouvel arrivant sans craindre pour sa survie). Pourquoi ne s’est-il d’ailleurs pas manifesté avant puisqu’il sait que le petit était avec son père ? Non, décidemment, je ne partage pas l’enthousiasme de beaucoup sur ce roman.

mardi 18 novembre 2008

Chagrin d'école de Daniel PENNAC

Mon avis
**
Cela commence bien, avec quelques anecdotes sur le sujet Pennachioni – véritable nom de l’écrivain – en tant que mauvais élève qui souffre de son état, par honte et par découragement et cela au regard de sa famille, en particulier maman Pennac qui, malgré la carrière remarquable de son fils n’aura jamais confiance en sa capacité à « y arriver ». Personnellement, cela m’a beaucoup touchée et je me suis reconnue dans certains passage, même si je ne peux pas me qualifier de cancre lorsque j’étais petite, j’avais mes matières « bêtes noires » pour lesquelles je ressentais alors un réel handicap qui, je croyais me poursuivrait toute ma vie.

Par la suite, même si cela est très intéressant, la vision de l’éducation par un ancien instituteur et les chapitres bien pensants sur les particularités des écoles dites de banlieues m’ont beaucoup moins plus, cela sonnait comme un essai, une réflexion et je n’avais pas envie de ça… Sans doute que l’école n’est pas encore assez loin pour moi pour arriver totalement à penser encore comme un adulte enseignant et certaines méthodes qu’il dit avoir utilisées, notamment concernant l’apprentissage par cœur d’un grand nombre de textes ne m’a pas franchement convaincue.

Sans doute que lorsqu’on est du métier, cela propose des approches et l’expression d’une expérience intéressantes ou lorsqu’on est parent, cela peut nous rassurer et apporter certaines réponses. N’étant à ce jour, ni l’un ni l’autre, cela m’a paru parfois un peu long. Ceci dit, l’écriture de Pennac est toujours aussi plaisante.

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