Le canal du midi - De Castelnaudary à Marseillette
Par Sophia Point, mercredi 9 septembre 2009 à 00:00 :: Divers :: #181 :: rss
Alléchés par notre première ballade au bord du canal le mois dernier, nous avons décidé de partir sur deux jours avec nos sacs à dos et nos vélos.
Avec un temps magnifique, juste comme il faut - on dirait le printemps que nous n’avons pas eu, des canards bordant l’eau durant une vingtaine de kilomètres et pas grand monde (en semaine courant septembre, pas tellement étonnant et si agréable !), nous sommes partis de Castelnaudary pour rejoindre un petit village nommé Comigne à quelques 75 km de là à pédalage de vélo.

Ce tronçon est un peu différent de celui que nous avons emprunté directement depuis Toulouse car la piste n’est pas goudronnée mais tantôt faite de terre battue, tantôt de sable ou de petits cailloux. Nous commençons à rencontrer quelques bateaux sans permis dont les loueurs nous font coucou de la main ou parfois se risquent à quelques mots avec nous : on comprend vite que nous seront dépaysés rien que par ça car nous ne rencontrons quasiment que des étrangers (des Anglais, des Hollandais, des Allemands, des Suisses). C’est vraiment très convivial et ça nous plaît beaucoup, surtout lorsqu’on se fait charrier sur notre vitesse par certains d’entre eux qui se la coulent douce devant leur apéro, les doigts de pieds en éventail et en maillot de bain – il faut dire que ces bateaux sont limités à 6km/h ! Par manque de maîtrise du virage à l’issue d’une petite côte qui longe l’une des nombreuses écluses, un peu essoufflée, je dois me retrouver sur la gauche de la piste parce qu’un type me dit (alors qu’il est à trois mètres de moi) : « keep the right, please ! ». Je peste un peu, si c’est anglais, c’est un peu fort de café de me demander de rouler à droite ;-) et sinon, quand même, on est en vacances bordel ! Il a dû voir que ça ne me plaisait pas car il m’a gratifiée d’un « bonjour » en me croisant.
A partir de Bram jusqu’à Carcassonne, la piste devient moins praticable et il ne reste plus qu’un filet de terre sur l’herbe, de la largeur d’un vélo. Il faut alors davantage se concentrer et, moi qui ai toujours le nez en l’air en train de regarder le paysage, ça me va un peu moins. Heureusement, cela ne dure qu’une dizaine de kilomètres.
A Carcassonne, un gentil monsieur assis sur un banc nous indique que la rive gauche sur laquelle nous nous sommes engagés se termine en cul de sac à 1 km. A partir de là, le paysage commence à devenir un peu plus « méditerranéen », quelques pins parasols puis des cyprès alternent sur les berges avec les platanes que nous avions vus seuls jusque là.
Enfin, nous ne sommes plus qu’à 20 kilomètres de la chambre d’hôtes (http://www.treillesalaric.com/) que nous avons réservée. Ce qui nous inquiète, ce sont les paysages vallonnés que nous voyons apparaître (qu’en ex-grenobloise qui se respecte je n’oserai tout de même pas nommer montagne) d’autant que nous en avons déjà assez pour ce jour, et moi, je suis hypnotisée par la roue arrière du vélo de Franck avec l’impression que le sol se dérobe tel un tapis roulant inversé. En effet, je n’ai pas pensé à demander où se trouve Comigne… je sais juste que c’est à 6,5 kilomètres du canal. Et bingo, le village est perché sur les hauteurs du pays des Corbières ! Nous avons tellement hâte d’arriver que nous accélérons le mouvement et ne sentons finalement pas trop passer la montée.
La chambre est toute mignonne et nous avons une vue magnifique sur les montagnes. Nos hôtes très sympathiques nous proposent de nous emmener chercher notre pizza au village voisin vu nos maigres moyens de locomotion. Nous la dégustons sur la terrasse de notre chambre au calme et au soleil couchant. Nous ne faisons pas long feu.
Le lendemain, petit déj. à 8 heures. Nous avons alors l’occasion de discuter avec Etienne et Laurence, nos hôtes ainsi qu’avec le couple qui occupe l’autre chambre, des bordelais. Les propriétaires du lieu sont avant tout viticulteurs. C’est la saison des vendanges et nous entamons une discussion sur ce métier et nous apprenons une multitude de choses car c’est un domaine que nous ne connaissons pas du tout. Notamment que cela ne leur permet pas d’en vivre (c’est d’ailleurs la raison de l’existence de la maison qui nous accueille) et qu’ils sont obligés d’envisager l’arrachage de cépages centenaires, parmi ceux qui font les meilleurs vins mais qui ne sont pas les plus rentables. Ils ont tenu bon jusque là mais ne peuvent malheureusement plus faire dans le sentiment.
Vers 10h00 nous envisageons de repartir. Après quelques mètres, je m’aperçois que mon pneu arrière est complètement à plat. Nous sommes partis sans pompe à vélo ni chambre à air ! Heureusement, Laurence a de quoi nous dépanner et mon pneu n’avait manifestement rien.
Il faut un peu plus chaud que la veille et il y a un peu de vent. Nous retrouvons le canal avec plaisir et Franck s’essaie à quelques photos en pédalant. Nous sommes bien partis pour arriver à la crêperie que nous avons évaluée à trois heures de notre départ. C’était sans compter la première crevaison ! Le vélo de Franck nous lâche à 7 kilomètres de Carcassonne… pas le choix, nous les faisons à pieds et espérons trouver un magasin spécialisé sur place. Heureusement qu’il y a l’iPhone, entre le GPS et les pages jaunes, il nous a bien aidés ! Il n’est que 13 heures lorsque nous arrivons dans la cité fortifiée alors nous prenons le temps de manger. Après quelques aller-retour au magasin de vélo où le vendeur n’a pas été de très bon conseils nous reprenons la route – il est 16h00 et il nous reste 50 kilomètres !
Nous nous arrêtons tout de même à la crêperie (enfin, surtout pour moi…) mais c'est sans savoir qu'une seconde crevaison - sans doute liée à la première attend le vélo de Franck. Heureusement, maintenant nous sommes équipés et la réparation ne nous prend cette fois-ci qu'un quart d'heure. A partir de là, on carbure à 25km heure jusqu’à l’arrivée.
Nous gardons un excellent souvenir de ce petit séjour (des deux jours !) et nous envisageons de refaire un périple semblable en alternance avec la location de bateau.
Commentaires
1. Le dimanche 13 septembre 2009 à 13:35, par Theodore Biscotte
Ajouter un commentaire